COMMUNIQUE DE PRESSE
Compte Rendu du point presse du
15 décembre 2000
Monsieur Wadih AL-ASMAR, chargé de mission auprès de la FIDH (Fédération Internationale des ligues des droits de l’Homme) et porte-parole du mouvement SOLIDA (Soutien aux Libanais Détenus arbitrairement) a tenu un point presse au siège de la FIDH à Paris afin de faire le point sur les dernières évolutions intervenues autour de la question des Libanais détenus en Syrie. A cette occasion il a fait lecture du communiqué suivant :

Ces dernières semaines la question des Libanais détenus en Syrie a connu de très grandes évolutions, essentiellement par la reconnaissance officielle du Liban et de la Syrie de ce drame dénoncé depuis des années par les familles des victimes et les ONG internationales.

Le transfert de 56 détenus dont 46 Libanais, 7 Palestiniens et 1 Egyptien sont autant de gestes positifs, mais qui ne peuvent en aucun cas constituer un épilogue acceptable à ce drame.

La FIDH et SOLIDA renouvellent leurs appuis permanents à toutes les initiatives prises par les familles et les associations des droits de l’Homme qui les soutiennent au Liban.

Nos organisations sont d’ailleurs opposées à toutes les tentatives, en particulier celles émanant du gouvernement libanais, visant à mélanger la question des détenus libanais en Syrie à la question non moins dramatique des disparus de la guerre du Liban. Surtout que nombreuses sont les familles qui détiennent des preuves tangibles et vérifiables de la présence de leurs enfants dans les prisons syriennes. Par preuves nous entendons des droits de visite, des documents officiels émanant des autorités libanaises et syriennes, ainsi que des témoignages multiples qui laissent peu de doutes quant à la présence des personnes concernées en Syrie.

Cette question ne pourra pas être résolue en appliquant les méthodes du gouvernement libanais, dont la dernière commission formée par la Premier Ministre Sélim EL HOSS entre février et juillet 2000 avait conclut au décès de tous, y compris de personnes libérées il y a quelques jours !!!

Les derniers rapatriements constituent pour nous le début d’un processus qui doit se solder par la libération de tous les Libanais détenus arbitrairement en Syrie. Nous comptons utiliser tous les moyens légaux et juridiques à notre disposition pour résoudre cette question, à l’image des initiatives prises dans bien d’autres pays, et que la FIDH n’a eu de cesse de soutenir jusqu’à l’établissement de la vérité.

Nous appelons le gouvernement syrien à prendre les dispositions nécessaires pour libérer tous les Libanais détenus arbitrairement en Syrie et pour rendre public le sort qui a été réservé aux autres dans les prisons syriennes. Il nous paraît impossible que les seuls endroits où les êtres humains puissent disparaître sans laisser de trace soit le Liban  et la Syrie.

En réponse à la question d’un journaliste, M. AL-ASMAR a appelé à la création d’une nouvelle commission d’enquête comprenant des représentants du CICR (Comité International de la Croix-Rouge), de l’Ordre des avocats de Beyrouth, des ONG des droits de l’Homme nationales et internationales, des familles et des représentants du gouvernement, afin d’effectuer les enquêtes nécessaires pour que la vérité soit enfin révélée sur tous les cas de détentions arbitraires.

En réponse à une autre question, il a notamment déclaré que la campagne internationale en faveur des Libanais détenus arbitrairement en Syrie se poursuivra jusqu’à l’établissement de l’entière vérité sur le sort de ces personnes, et nos organisations étudient la possibilité d’envoyer une mission d’information et de soutien aux familles et à la société civile au Liban dans leur recherche de la vérit
Paris, le 15 décembre 2000.
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