ET DIRE
QUE CA VOTE
By: Joseph Matoura
9/11/01
Déplorable mon sort qui mimpose la promiscuité de tant daliénations intellectuelles végétant dans les soubassements de lentendement traditionnel. Cave à convictions inébranlables et héritage plusieurs fois millénaires, ces certitudes ancestrales immuables, toutes ineptes soient-elles, persistent à être compulsées par les peuples incultes chaque fois que mis aux prises dune remise en question de leurs premiers savoirs transmis et acquis comme postulat absolu. Blanc-seing à tout abus idéel, il porte aux paraphrénies délirantes fortes de certains écrits divinement paraphés pour attribuer un faux- semblant de grandeur fantastique aux promoteurs de ces philosophies péripatéticiennes qui sinvestissent dun rôle messianique aux yeux de candides romantiques en mal de valeurs humaines.
Toute civilisation naît et croît sous le signe du conflit, inévitable dilemme entre le besoin pulsionnel inné et lobstacle pédagogique acquis. Ce dressage ou, plus psychologique, cette exigence régulatrice, bien quà lencontre de la recherche instinctive de satisfaction inconditionnée, impose, en contrepartie, une indispensable vertu de léchange et de la tolérance envers autrui, auto-limitant les pulsions agressives par une crainte fantasmatique de contre-agression, mais à la condition didentifier lautre à soi. Ainsi la morale abomine tout acte délétère dirigé à lencontre dun individu et se permet une complaisance proportionnellement croissante à la distance phylogénétique qui nous sépare de lespèce victime. Si le conflit est de tous les instants, il tend aussi à se résoudre à tout moment pour peu que la conscience collective de la communauté adhère à lidée dun aiguillage de ses pulsions instinctives vers les voies de résolution partielle ou le compromis au sein de relations sainement établies entre les peuples et selon des critères constamment revus et corrigés par le binôme évolution-culture. Si ce conflit, évoluant dans linteraction bipolaire (désir-interdit) des instances culturelles, se heurte à un besoin primitif non satisfait (désir barré) il dégénérera alors en conflit évolutif non résolu dont lexemple le plus caricatural réside dans lapplication des textes dits « sacrés » intemporels et, au-dessus de toute compromission interprétative, dautant plus que les susdits textes sautorisent de scinder le genre humain élaborant la phobie du prochain extra-communautaire. Ce conflit lattent demeure comme point de sensibilité et dappréhension où viennent retentir dans le même sens toutes les situations peu ou prou reliables à la perturbation première par une analogie imaginaire alors, avec tendance à y vibrer de la même manière quinitialement soit par automatisme de répétition et régression à des modes archaïques pulsionnels non dépassés resté en suspens lors de lachoppement déterminant.
Laissons aux psycho-historiens le soin de dénouer les complexes freudiens des peuples se débattant entre leur ça instinctuel et leur surmoi religieux, et pour plus daccessibilité compréhensive, éloignons-nous des chemins barbants psychanalytiques pour disséquer mathématiquement le comportement des « déshérités » de ce millénaire. Tout comme le géocentrisme puis lhéliocentrisme furent successivement déterminants dans lélaboration de la pensée humaine, il semble que présentement l « islamocentrisme » soit au cur de notre philosophie. Pour tout protestant ou catholique, tout pieux ou pratiquant prouvé, adorateur de Vishnou ou de Lao Tseu, fervent adepte du tantrisme ou du stoïcisme, nul nest besoin à leur représentant communautaire officiel de monter sur leurs grands chevaux dés lincrimination dun de leurs disciples. Linfamie retentissante de leur méfait ne pourrait se répercuter par une onde de choc perverse sur tous ses coreligionnaires. Malheureusement, il en va autrement lorsque linculpé embrasse la religion mahométane soulevant, comme par instinct, un ouragan universel de compassion de tous les musulmans jusquà piéger le reste du monde qui ségosille en rhétoriques inutilement illustratives pour plaider une cause tout bêtement évidente. Tant peu faut-il pour illuminer les ambiguïtés de la logique autarcique, soi-disant religieuse, des mythomanes mégalomanes qui élaborent une doctrine de prime abord logique aux non-initiés mais à partir dun axiome de base erroné, et, par conséquent, il serait tout aussi néfaste de se perdre en conjonctures justificatives, autant de combustibles à leurs convictions biaisées. Ainsi, si leur Dieu est grand et unique sur terre comme dans les cieux, si rien néchappe tant à sa volonté quà son courroux, sil connaît aussi bien le début que la fin, sil incarne la création et lannihilation et quil représente la récompense ultime des croyants de lunivers après la mort, il ne fait aucun doute que le destin terrestre résonne en harmonie avec les desseins de Dieu et au-delà, sinsurger contre le monde relèverait quelque part dune mutinerie contre le créateur. Dans le cas contraire, et dans lhypothèse dun délit dinitié divin révélant à certains privilégiés des cieux des déviations idéologiques dont incomberait la responsabilité directe ou indirecte à une nation ou une communauté, deux hypothèses mériteraient dêtre retenues. La première impliquerait que la nation insubordonnée se serait accaparée, à la faveur dune défaillance céleste dont elle a eu vent, des rennes du pouvoir au nez et à la barbe du tout puissant lequel, impuissant par quelque raisonnement absurde, exigerait main forte aux sous-fifres terriens dans le but de ramener la brebis galleuse dans le droit chemin gratifiant, du coup, ces insurgés dune force quasi divine. Quant à la deuxième hypothèse, elle insinuerait la présence dun autre Dieu tout aussi puissant que le premier qui, tous deux, se livreraient des combats épiques par personnes interposées et, par conséquent, remettrait en question lunicité de Dieu.
Voilà ce à quoi nous mènent les ultra-orthodoxies religieuses sectaires : La recrudescence des mythologies rocambolesques, fresques anachroniques de la spiritualité élémentaire des civilisations créant des dieux à limage de ses vices et frustrations, des Dieux haut placés et des demi-dieux ici bas si indifférents à la misère humaine nonobstant on ne peut plus enthousiastes dés quil sagit de porter les armes, de pieux hommes capables du plus noble des sacrifices sur les champs de bataille et, par contre, tout à fait stériles dans les champs de blé, des soldats de Dieu très capables dégorger des enfants en Algérie mais inaptes à traiter les dénutris de Kaboul, des élus très enclins à détruire des tours à New-York mais tout à fait opposés à la construction dune école à Kandahar. Et les peuples immatures et influençables dadhérer, par quelque pan de leur esprit puéril, à la théorie « islamicide » des américains en occultant les millions de décédés dans les tranchées fratricides irano-irakiennes, lhypothèse « islamophobe » de loccident en éclipsant les centaines de milliers de kurdes victimes de lavidité des tyrans de Bagdad ou de Turquie et le délire de persécution anti-islamique mondial en omettant les dizaines de milliers de trucidés des guerres intestines arabes. Cette ambivalence du raisonnement des peuples leur autorise dassainir leur conscience comme bon leur semble et de reporter toujours sur autrui la responsabilité de leurs échecs, stimulés par des discours édulcorés que scandent des pseudo-héros rendus maîtres dans le verbiage prophétique creux.
Autant, comme
la déjà préconisé Voltaire, cultiver mon jardin pour assister, comme
létranger de Camus, aux facéties de leurs élucubrations vaticinatrices,
néanmoins, aussi certain que leurs convictions tronquées réconfortent les miennes,
elles altèrent mon mode de vie en mimposant par le biais de leur vote le règne de
lagnosie.
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