LETAT DE MAL
JURIDIQUE
By: Joseph Mantoura
7/10/02
Le pays a
connu les grands classiques des feuilletons judiciaires de la collaboration avec
lennemi israélien. Nul besoin de raviver les séquences Geagea et alentours qui ont
monopolisé les pontes de la jurisprudence quelques années durant, entraînant dans leur
traître ignominie tout partisan, soit-il ou sympathisant, des Forces Libanaises sous le
couperet du droit. Ces renégats, espions innés semble-t-il, trouvent le culot, encore et
toujours, de batifoler jusquà ce jour avec notre ennemi transhistorique. Le péché
originel, si Adam et Eve navaient jamais existé, serait les Forces Libanaises. Une
évidence qui coule de source, indiscutable et indubitable, du pur embryon « Lahd » qui,
lui, ne dissimulait guère son amour des uns et aversion des autres. Depuis le cercle
sest élargi progressivement pour englober les « Aounistes » qui par action,
pensée, omission ou inconsciemment servent les intérêts sionistes dans la
région. Leurs cohortes nont pas désempli les geôles libanaises et certains
mêmes, sy rendent régulièrement sans y être invités rien que pour le panache.
Ce sont des graines de la discorde libano-syrienne, semées par la criminelle main
américaine pour servir les intérêts sionistes dans la région.
Le club des collabos senrichit, davantage, des lurons du PNL. Des aspirants au grade
de sycophante qui subissent la néfaste influence des isolationnistes romantiques
chrétiens. Héritiers obligés de la pensée Chamouniste, ils ne respirent que la
conspiration pernicieuse qui incommodait la nation depuis 1952 et lécarta du
conflit israélo-arabe tant sanctifié. Ces nationaux libéraux ne sont que des Lawrence
dArabie en puissance dont les visées les plus inavouables iraient à
lencontre de la « Oumma ». Adhérèrent, ultérieurement au club des bannis, le
Patriarche maronite et tous les évêques de la communauté, qui, depuis leur premier
appel au redéploiement des armées syriennes, subissent le feu aveugle des Ulémas et
autres politiciens sous prétexte de jouer le jeu de lusurpateur. Ils eurent droit
à tous les substantifs et épithètes. Ils symbolisent le reliquat des croisés
moyenâgeux qui combattaient farouchement les populations arabes.
De monochrome, le club des intouchables se panacha du Premier ministre sunnite, le
président Rafic Hariri. Il a été dévoilé, en lan 2000, alors que les
législatives battaient leur plein, tous les dessous de son ascension fulgurante vers les
sommets de la fonction publique. Depuis les pots-de-vin versés aux différents
protagonistes de la guerre civile libanaise jusquà son avidité financière qui
mettait en péril lavenir économique du pays. Tout fut si bien ficelé, que le
téléspectateur, au QI moyen, ahuri devant son petit écran navait aucune peine à
déduire que ce ne peut être que pour le service des intérêts sionistes dans la
région. Le matraquage publicitaire fut si intense quil éclaboussa lhomme en
question et ses disciples qui subirent, dailleurs, un harcèlement juridique. Il
avait le profil de limpérialiste américain à la conquête de colonies à
dépecer. Même la superstar, Walid Joumblatt druze libanais, a dû décliner une demande
dadhésion, du moins temporaire, à ce fameux club des collabos en pleine
croissance. La liesse des vieux de la vieille de cette association, navait
dégal que leur déception au moment de sa démission. Mais ce court séjour lui
avait valu les foudres de ses vieux compagnons qui lui ont de suite, comme par réflexe
conditionné et comme un seul homme, attribué létiquette immonde de
faisant-fonction de collabo. Nont guère échappé à la règle nombre de députés
et ministres comme Aridi, qui aurait profité de linvasion israélienne pour vivre
des sensations fortes sur un Merkava ou tel le député du Nord Mme Moaouad plus populaire
en ces jours sous le pseudonyme de Golda Meir du Liban, et jen passe.
Lattribution des licences es traîtrise ne sest pas seulement confinée au
seul registre politique, mais na épargné aucune tranche de la population active du
pays. Ainsi se sont vus affublés de ce titre affligeant les délinquants, juvéniles ou
mûrs, les illuminés de Sir-El-Dénieh et de la Bekaa, les suppôts de la présence
armée étatique libanaise au Sud, les activistes des droits de lHomme et de
Greenpeace, les financiers mécontents de la croissance cachectique, les journalistes, les
internautes, les pourvoyeurs de chaînes câblées
et la liste reste non exhaustive
encore.
Au bout de ce décompte,
létat et le pouvoir feraient bien de se remettre en question. A trop
sacharner à harmoniser les couches populaires multiconfessionnelles, ils leur
seraient bien ardu, en ces jours, de retrouver une poignée de patriotes libanais. Et la
justice de se mettre en branle, tant et si bien, quà juger tout le monde la voilà
en état de mal juridique.
Mais, arrêtons tout de suite ces propos, car il se pourrait quils servent les
intérêts sionistes dans la région.