LES LARMES DE CROCODILE
By : Joseph Mantoura
30/9/2001

Lesaviez-vous ?
L’Afghanistan est un pays d’Asie centrale situé entre le Pakistan et l’Iran et dont la superficie équivaut 650 000 km2. Ce pays compte prés de 17 millions d’habitants islamisés et d’ethnie variée. Région à tendance semi-désertique, la nature semble s’être d’emblée acharnée sur ce bout de terre, le flanquant de reliefs montagneux inaccessibles entrecoupés de cols vertigineux inapte à toute culture rentable si ce n’est le pavot. L’Histoire non plus n’a pas été magnanime lui imposant des conquérants successifs qui, bien qu’ils se soient cassés les dents sur ce territoire rocheux, n’ont pas manqué de remplir leur butin du maigre blé afghan. Puis, plus récemment, survint le retrait du dernier occupant en 1989 laissant derrière lui un pays exsangue et un régime réformiste islamiste régnant par la seule loi coranique surnommé le régime des Talibans.

Ce premier chapitre était la seule propagande que nous instillaient occasionnellement nos bulletins d’information loco-régionaux, mais brutalement depuis quelques jours pullulent sur nos petits écrans des documentaires poignants poussant à la compassion envers le dépérissement du peuple afghan. Un million seraient réfugiés dans leur propre pays, trois autres éparpillés entre les pays limitrophes, un enfant sur quatre décède avant l’age de 4 ans alors que la moyenne de longévité de l’Afghan moyen ne dépasserait guère 4 petites décennies le tout assorti d’une situation économique où différencier les mauvaises périodes des désastreuses n’a plus qu’un intérêt linguistique. Aucune occasion n’est manquée pour nous faire visionner les petites jambes afghanes reprenant le chemin poussiéreux de l’exode ou la mine décharnée de l’enfant qui, vidé de toute force, laisse tomber sa tête sur l’épaule de son père et, plus pathétique encore, les images de femmes, peut-être, enterrées sous leur « burqa » mendiant leur pitance à plus démuni qu’elle dans un décor apocalyptique.

Forts de ces clichés, le monde arabe invective l’occident des mécréants usurpateurs des droits élémentaires des peuples pauvres et musulmans et pointe un index accusateur vers les armadas sur le point de fondre sur ces chérubins mal en point. Il ne fait aucun doute que le déséquilibre socio-économico-militaire entre les deux protagonistes n’est que trop flagrant et que les tenants et aboutissants de la politique américaine nous sont inconnus, néanmoins sanctifions l’initiative américaine car elle a eu au moins le mérite de révéler au monde le mouroir afghan et au-delà de réunir une coalition internationale pour une aide urgente à ces oubliés de l’histoire. Le monde arabe, richissime pour certains, s’est bien arrangé d’occulter cette facette éclopée de l’état islamique le plus pur du globe et n’a eu cure, à ce jour, de verser sur ces ombres d’humains qu’un peu d’encre et beaucoup de larmes de…crocodile.
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