DEUX POIDS DEUX
MESURES
Joseph Mantoura
3/10/2001
Il faudrait penser à ajouter à linventaire de nos revendications territoriales le camp de Aïn El Héloué. Outre les fameuses fermes de Chebaa et autres menues parcelles qui subissent le joug israélien, le camp sus mentionné échappe tout autant à lautorité libanaise, et, nen déplaise à notre ministre de lintérieur, il est impératif, rien que pour le panache, de réclamer le retour au bercail de cet îlot sécessionniste. Nos brillants dirigeants nont, semble-t-il, rien déduit du dérapage sécuritaire de Sir El Dénieh et, pis encore, lexemple néfaste quoffre cet agglomérat de réfugiés pourrait, dans son sillage autonomiste, entraîner dautres régions libanaises aspirant à lautodétermination.
Non encore remis du traumatisme audio-visuel de la manifestation des battes et haches des hommes des cavernes à Beyrouth, nous voilà à nouveau affectés par les propos indignes dAbou Chérif, sous-produit local certifié de Ben Laden. Sans pudeur aucune cet hurluberlu barbu a défié létat et ses institutions. Dun coup et en quelques minutes, il a cumulé plus dinfractions que collectionnent à leurs palmarès, pourtant biens fournis selon la justice libanaise, le Dr Samir Geagea, le Général Michel Aoun et le Dr Toufic Hindi tous réunis. Pour ne pas sattarder sur tous ses actes ignominieux, dont la liste ne pourrait être quexhaustive, et ne décrire que la partie émergée de liceberg délictuel, ce réfugié palestinien ne reconnaît aucune légitimité à létat libanais, se déclare dun parti non seulement prohibé au Liban mais abhorré mondialement, instigue à la confrontation confessionnelle, organise des manifestations armées sans autorisation officielle du ministère de lintérieur (du moins je lespère) et exhorte au renversement des pouvoirs arabes frères tout en leur attribuant les épithètes les plus avilissants. Les services de renseignements étatiques sévirent pour moins vociférant que lui et ne manquaient jamais davancer ces mêmes apologies pour justifier la mise à lombre dintellectuels et dirigeants libanais. La curiosité me ronge en attendant la sortie de secours quempruntera le pouvoir libanais pour esquiver linculpation du disciple dAbou Mehjen et des ses lieutenants. Probablement nos ministres se hasarderont jusquà déplorer le trop plein de nos tristes prisons encombrées par les scélérats criminels des banderoles louant un Liban libre et empêchant par conséquent dinterner les déplorables étrangers victimes de la mondialisation autocratique.
Il est triste dassister complètement impuissant au comportement agnostique de nos dirigeants. Tant de cécité gouvernementale face à la pléthore des infractions au code civil continue de me sidérer. Pour certains la simple onomatopée est honnie alors que pour dautres bafouer purement et simplement la constitution est de règle. Pour action identique, les uns nauront droit quau pilori dexécration et les autres aux circonstances thuriféraires. Mais le plus offusquant reste les conseils prodigués par nos dirigeants aux Etats-Unis dAmérique les priant, avec bienveillance, de jauger le monde dans une balance judiciaire comportant uniquement un poids et une mesure. Venant des adeptes inconditionnels du double étalonnage juridique je ne puis que regretter, contrairement à lidée courante, que le ridicule ne tue pas.