HOMO NEVROSUS
By: Joseph Mantoura
22/9/01

Depuis l’avènement de l’homo robustus nouveau maître du monde, notre planète bleue a subi le joug des homo habilis, erectus, sapiens et sapiens sapiens ou plus connu sous le nom d’homme moderne. Plus récemment et à l’aube du XXIème se profile la silhouette menaçante de l’homo « nevrosus » ou du mythomane.

Façonné par des mutations psychologiques catalysées par des frustrations répétitives son raisonnement s’est calfeutré dans les derniers retranchements de l’entendement humain. Il a régressé ou la fixation était la plus intense soit à un stade primitif du développement intellectuel. Il a imprimé les pans lisses de son ego des reliefs acérés de textes religieux d’un quelconque livre sacré pour revisionner la société planétaire à l’échelle de son fantasme mystique. Sa pratique religieuse a renoué avec les plus obscures coutumes païennes sublimées par les sacrifices humains en masse pour exorciser des civilisations qu’il a qualifiées de satanique et assouvir la vengeance d’un Dieu taillé à la juste mesure de sa confabulation.

Le 11 septembre 2001, le « skyline » New-yorkais amputé des ses 2 tours de Babel traduira à jamais l’ampleur des atrocités que peuvent revêtir les inepties mystiques, et au-delà, sortira, nous l’espérons, les Etats-Unis d’Amérique de leur bulle néo-isolationniste autre forme de réaction névrotique et rituel de défense contre le foisonnement luxuriant des doctrines théocrates. Répondant à la mondialisation américaine par la mondialisation de la terreur, l’Homme 2000 exprime une angoisse refoulée de dilution culturelle dans une homogénéisation dirigée. Assailli de questions existentielles, il a rebâti une nouvelle identité de par les livres sacrés symbolisant des enseignements célestes immuables et surtout au dessus de toute ingérence ou influence « humaine ». Malheureusement, la prédiction de Nietzsche en 1882 quant à l’émergence du surhomme s’est avérée à ce jour, du moins, inexacte. Les Dieux sont toujours vivants et l’Homme toujours victime d’une dialectique relative du Bien et du Mal.
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